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Maurice, destination golfique - Son impact sur l’économi

Maurice, destination golfique - Son impact sur l’économi

Publié le
21 juin, 2019
Publié dans la catégorie
Golf

IL Y A 25 ANS, Maurice ne comptait qu’un seul terrain de golf digne de ce nom : le Belle Mare Plage. Pendant longtemps, le marché du golf est resté cantonné à la clientèle des hôtels. Graduellement, avec l’aménagement de parcours de championnat dans les zones du littoral, l’offre golfique s’est démocratisée. Du coup, les golfeurs mauriciens ont délaissé le Gymkhana et le Dodo Club pour s’inscrire dans des clubs plus huppés.

 

Le pays compte 11 terrains de championnat, dont neuf de 18 trous. Neuf d’entre eux sont associés à l’hôtellerie et les deux autres à des projets tombant sous le régime Property Development Scheme. C’est l’Est qui se taille la part du lion avec quatre parcours : Le Legend Golf Course, anciennement Belle Mare Plage, et Links Golf Course, qui appartiennent à Constance Hotels and Resorts, l’île aux Cerfs Golf Club (Sun Resorts) et Anahita Golf Course. Au Sud,l’on compte trois parcours : le Shandrani Golf Course (Beachcomber), Heritage Golf Club (Veranda Leisure & Hospitality) et Avalon Golf Estate. À l’Ouest, l’on dénombre deux parcours : Le Paradis Golf Course (Beachcomber) et Tamarina Golf Club (Medine Property). Et finalement, au Nord, il y a deux parcours : Le Mont Choisy Le Golf et Maritim Golf Course.

 

Ces 11 centres de golf se partagent les quelque 1 500 licenciés enregistrés auprès de la Mauritius Golf Federation. L’une de leurs particularités, c’est qu’ils sont très actifs. Comme le précise d’ailleurs Ryan Dodds, General Manager d’Avalon Golf Estate, le centre accueille pas moins de 60 tournois privés pour ses membres par an. Il est rejoint par Thierry Vallet, le General Manager d’AfrAsia Bank. «Le golf a vraiment pris de l’ampleur à Maurice. Il suffit de voir le nombre de tournois pour s’en rendre compte. Tous les week-ends, il y a des tournois sur les parcours de golf. Parfois, il y en a trois ou quatre. Ceux-ci sont souvent organisés par des clubs qui ne sont pas rattachés à un centre de golf. En outre, on compte beaucoup de joueurs qui ne sont pas licenciés», soutient-il.

 

 

UNE CLIENTÈLE RÉGULIÈRE

 

 

Golfeur amateur, Alain Lenoir, qui est aujourd’hui le directeur du Tamarina Golf Estate et le président de la Mauritius Golf Tourism Association, indique, pour sa part, que le marché local représente entre 60 % et 70 % de la clientèle des centres de golf. Or, fait-il remarquer, le tourisme golfique est en pleine croissance. «La destination mauricienne aujourd’hui attire un plus grand nombre de touristes golfeurs. Avec ses nombreux parcours de championnat, Maurice a des atouts qui plaident en sa faveur. C’est un segment particulier ; une clientèle à fort pouvoir d’achat qui vient en famille ou entre amis. Ces gens-là veulent profiter de la plage, de nos attractions et, bien sûr, jouer au golf. À Maurice, ils peuvent avoir tout cela à proximité. Ils aiment aussi s’essayer sur plusieurs parcours. Ce sont donc des touristes réguliers. Nous avons besoin de ces étrangers car sans eux, il n’y a pas de golf», observe-t-il.

 

La croissance du tourisme golfique s’est accélérée ces dernières années. Le vrai catalyseur aura été la tenue de deux tournois majeurs sur notre sol : l’AfrAsia Bank Mauritius Open et le MCB Tour Championship. Au niveau de l’Office du Tourisme, l’on indique que le pays a accueilli 80 000 golfeurs en 2018, soit environ 6 % des arrivées touristiques.

 

L’objectif est d’augmenter ce nombre à 90 000. «Nous misons sur les campagnes et les golfs blogueurs. La MTPA travaille également avec la Mauritius Golf Tourism Association et mène des campagnes avec l’association indienne de golf pour la promotion de ce sport», souligne Arvind Bundhun, directeur de la MTPA. Et d’ajouter que le touriste golfeur dépense en moyenne environ Rs 70 000 par séjour contre Rs 45 000 pour le visiteur ordinaire.

 

Selon Ryan Dodds, au vu de notre offre golfique, la promotion de la destination se fait toute seule, notamment sur les marchés européen, asiatique et de l’Afrique australe. «Quand on parle du marché du golf, les campagnes de promotion traditionnelles, qui sont une forme de publicité générique, ne sont pas efficaces. Ce sont les tournois internationaux qui donnent de la visibilité à la destination. C’est la meilleure façon de toucher les touristes golfeurs et de susciter leur curiosité. Cette clientèle est à la recherche de facilité de haut niveau», argue-t-il.

 

Thierry Vallet abonde dans le même sens. Selon lui, l’AfrAsia Bank Mauritius Open, tournoi tri-sanctionnépar le Sunshine Tour, l’European Tour et l’Asia Tour, a permis à l’industrie golfique de jouir d’une visibilité sans précédent. Lors de la quatrième édition de la compétition, en 2018, celle-ci a pu atteindre plus de 317 millions de foyers à travers le monde par le canal des retransmissions en direct. En outre, plus d’un millier d’articles ont été publiés en ligne sur l’événement. «L’AfrAsia Bank Mauritius Open a permis de mettre en avant Maurice. Outre la communauté golfique, il touche indirectement la communauté financière», souligne-t-il.

 

Clairement, l’industrie golfique touche à un écosystème plus large. À un moment où le pays veut s’ouvrir au monde et se positionner comme une plateforme régionale, elle place la Mauritius Brand sur la carte mondiale. Car il est connu que la communauté financière est très friande de golf. Autre secteur qui profite du golf : l’immobilier. Aménager un terrain de golf nécessite un investissement coûteux, soit entre Rs 300 et Rs 500 millions, voire plus. C’est un investissement parfois compliqué à rentabiliser. Tout l’intérêt pour le promoteur réside dans le fait que les terres autour du parcours sont valorisées. À ce propos, Thierry Vallet souligne qu’«il est compliqué pour un établissement qui propose une offre combinée hôtel-golf d’arriver à justifier son lourd investissement. Mais les terres autour prennent de la valeur». Et Ryan Dodds de renchérir : «Il est vrai que le golf a un effet d’entraînement sur l’immobilier. D’une part, les terres autour d’un parcours de golf sont valorisées et, de l’autre, les golfeurs ont de l’argent et peuvent se permettre d’acquérir des biens à Maurice».

 

Un exemple concret est Bel Ombre. Cette région venteuse n’est pas forcément propice au tourisme. Or, suivant la création du Heritage Golf Course, l’on retrouve aujourd’hui pas moins de cinq hôtels dans un rayon de 1 km : Heritage Awali, Heritage Le Telfair, Tamassa, Movenpick et So Sofitel. Compte tenu de son effet d’entraînement sur l’économie, le marché du golf est définitivement une mine d’or à exploiter.

 

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